J'aurai aimé ne pas être faible, supporter plus que mes épaules ne le peuvent. J'aurai aimé faire avancer le monde, ouvrir les yeux aux gens. Certes, ma vie n'est pas finie, la votre non plus. Mais il arrive un stade où nos rêves sont mis de côté par la réalité et avec notre esprit encore jeune, encore 'révolutionnaire', on se regarde et on se dit : que vais-je bien pouvoir changer ? Il y a des millions de causes dans lesquelles on pourrait s'engager mais devant l'ampleur de la tâche, moi, des fois, je veux simplement baisser les bras et me laisser porter par les tumultes de la vie. Ne pas réfléchir, ne pas réagir, ne pas bouger. Ne rien faire. Faire comme les autres, qui face aux morts disent " Je m'en tape". Mais je ne veux pas m'en taper. Quelle voie me permettra d'être en paix avec moi-même et avec les autres ? Quel chemin ne me laissera pas le goût amer de ne pas faire assez pour ceux qui ont peur, pour ceux qui nous appellent au secours, nous les bien-nés ?
Je refuse de me retourner à 80 ans et me dire " Tu as vécu, mais tu n'as rien fait pour améliorer ce monde dans lequel tu as vécu, tu n'as laissé aucune trace, on ne se souviendra ni de toi, ni de ce que tu as fais". Et ça, ça me fait peur.
Loudidminso.